Accident ayant entraîné la mort : droits et indemnisation des ayants droit

Introduction

Chaque année en France, des milliers de familles sont brutalement confrontées à un accident ayant entraîné la mort d'un proche. Une collision sur la route, une chute sur un chantier, une erreur médicale, ou un accident domestique.

Un accident mortel se définit juridiquement comme un événement soudain, extérieur à la victime et indépendant de sa volonté, qui provoque son décès de manière directe ou à la suite des blessures subies.

Cette définition, en apparence simple, recouvre en réalité une grande diversité de situations, et soulève, pour les proches du défunt, une question inévitable : leurs souffrances, leurs pertes, leur deuil peuvent ils être reconnu par le droit ? 

Le droit français de l'indemnisation du dommage corporel offre aux victimes indirectes, appelées victimes par ricochet — des voies de recours spécifiques, encadrées par la loi et la jurisprudence. 

Qu'est-ce qu'un accident ayant entraîné la mort ?

Un accident ayant entraîné la mort désigne tout événement soudain, non intentionnel, qui cause le décès d'une personne. Il peut s'agir :

  • d'un accident de la route (collision, renversement d'un piéton, accident de moto) ;
  • d'un accident de travail mortel (chute, accident sur chantier, accident de machine) ;
  • d'un accident médical (erreur médicale, infection nosocomiale, défaillance chirurgicale) ;
  • d'un accident de la vie courante (noyade, chute, accident domestique) ;
  • d'un accident sportif ou de loisir.

Dans tous ces cas, si le décès est imputable à la faute d'un tiers ou engage la responsabilité d'un assureur, une procédure d'indemnisation peut être engagée au bénéfice des proches.

Qui peut être indemnisé après un accident mortel ?

Les victimes par ricochet

En droit français, les proches d'une victime décédée ne sont pas des victimes directes : ils subissent un préjudice par ricochet, c'est-à-dire en raison du lien qui les unissait au défunt. Peuvent prétendre à une indemnisation :

  • Le conjoint ou partenaire de PACS de la victime décédée ;
  • Les enfants (mineurs ou majeurs) ;
  • Les parents ;
  • Les frères et sœurs, sous conditions ;
  • Toute personne justifiant d'un lien affectif réel et stable avec le défunt.

Il n'est pas nécessaire d'être héritier légal pour prétendre à une indemnisation. La jurisprudence reconnaît des droits à des concubins, des beaux-parents ou des proches ayant entretenu des liens de fait démontrables.

La succession de la victime

Indépendamment des victimes par ricochet, la succession peut réclamer l'indemnisation des préjudices que la victime a personnellement subis entre le moment de l'accident et son décès, notamment :

  • les souffrances endurées avant le décès (pretium doloris ante mortem) ;
  • le préjudice d'angoisse de mort imminente (si la victime a eu conscience de sa mort prochaine) ;
  • les pertes de revenus pendant la période de survie.

Les préjudices indemnisables après un accident mortel

La nomenclature Dintilhac, référentiel incontournable en matière de dommage corporel, distingue deux catégories de préjudices pour les proches d'une victime décédée.

Les préjudices patrimoniaux

Ces préjudices comprennent :

1. Les frais d'obsèques

Les dépenses funéraires engagées par la famille sont intégralement remboursables sur justificatifs.

2. Les pertes de revenus des proches

Lorsque la victime décédée contribuait financièrement à l'entretien du foyer, les personnes à sa charge subissent une perte économique directe. Cette perte est généralement calculée sur la base des revenus du défunt, de la composition du foyer et de l'espérance de vie statistique.

3. Les frais divers

Déplacements, frais administratifs liés au décès, assistance psychologique post-traumatique : ces postes peuvent être pris en charge lorsqu'ils sont justifiés.

Les préjudices extrapatrimoniaux

Ces préjudices touchent à la sphère affective et psychologique.

1. Le préjudice d'affection

C'est le poste le plus connu. Il indemnise la souffrance morale causée par la perte d'un être cher. En France, des barèmes indicatifs existent (par exemple, environ 20 000 à 30 000 € pour un enfant perdant un parent, et jusqu'à 35 000 € pour un conjoint), mais les juridictions conservent un pouvoir souverain d'appréciation.

2. Le préjudice d'accompagnement

Lorsque les proches ont accompagné la victime pendant une période de survie douloureuse avant son décès, ce préjudice spécifique indemnise les souffrances vécues au chevet du mourant.

3. Le préjudice d’attente et d’inquiétude

Il s'agit d'un poste de préjudice autonome, reconnu par la chambre mixte de la Cour de cassation (Cass., ch. mixte, 25 mars 2022, n° 20‑17.072), qui indemnise la souffrance des proches d’une victime directe, née de l’état d’attente et d’incertitude dans lequel ils se trouvent entre le moment où ils apprennent que leur proche est exposé à un péril grave et le moment où ils connaissent l’issue de l’événement pour celui‑ci. Les voies de recours selon la nature de l'accident. 

Les voies de recours selon la nature de l'accident

Accident de la route mortel

La loi Badinter du 5 juillet 1985 organise un régime autonome d'indemnisation des victimes d'accidents de la circulation. Après un accident de la route mortel, les proches disposent d'une action directe contre l'assureur du véhicule impliqué. Celui-ci est tenu d'adresser une offre d'indemnisation dans un délai de trois mois à compter de la demande.

Accident du travail mortel

En matière d'accident du travail mortel, les ayants droit bénéficient sous certaines conditions d'une rente versée par la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). Toutefois, cette rente ne couvre pas l'intégralité du préjudice. Une faute inexcusable de l'employeur peut être invoquée devant le Pôle social du tribunal judiciaire pour obtenir une indemnisation complémentaire.

Accident médical mortel

Depuis la loi Kouchner du 4 mars 2002, les victimes d'accidents médicaux peuvent saisir la Commission de Conciliation et d'Indemnisation (CCI) pour obtenir une expertise et une offre d'indemnisation amiable, ou engager la responsabilité de l'établissement de santé devant les juridictions civiles ou administratives.

Prescription : attention aux délais

L'action en indemnisation des proches d'une victime décédée est soumise à des délais de prescription, qui varient selon la nature de l'accident :

  • 10 ans à compter de la consolidation du dommage (ou du décès) pour les accidents de droit commun et les accidents médicaux ;
  • 10 ans également pour les accidents de la circulation relevant de la loi Badinter ;
  • 2 ans pour les accidents du travail à compter de la date à laquelle les droits ont été reconnus.

Il est impératif de ne pas laisser ces délais s'écouler. Un avocat peut vous aider à identifier le délai applicable et à engager les démarches dans les temps.

Pourquoi faire appel à un avocat en droit du dommage corporel ?

Face aux assureurs et aux organismes sociaux, les victimes par ricochet se trouvent souvent en position de faiblesse. Les offres indemnitaires proposées spontanément sont fréquemment insuffisantes, notamment sur les postes de préjudice extrapatrimoniaux.

Me Joris CAUNES, avocat en indemnisation du dommage corporel, intervient pour :

  • Analyser le dossier et identifier tous les préjudices indemnisables ;
  • Contester les offres insuffisantes des assureurs ;
  • Organiser l'expertise médicale en désignant, si nécessaire, un médecin conseil pour les victimes ;
  • Saisir les juridictions compétentes en cas d'échec de la négociation amiable ;
  • Accompagner la famille tout au long de la procédure, avec la discrétion et l'humanité qu'impose ce type de dossier.

Conclusion

Un accident ayant entraîné la mort ouvre souvent des droits à indemnisation pour les proches de la victime, à condition que ceux-ci soient correctement identifiés et défendus. La complexité des règles applicables, la diversité des régimes selon la nature de l'accident et la pression des assureurs rendent essentielle l'assistance d'un avocat en droit du dommage corporel.

Me Joris CAUNES, avocat dommage corporel paris met son expertise en dommage corporel au service des familles endeuillées pour leur permettre d'obtenir une indemnisation juste et complète.

FAQ - Dommage corporel

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